Vous êtes iciPrésentation
Présentation
Les activités forestières au Québec ont longtemps été concentrées dans l'extraction de la matière ligneuse, faiblement transformée, et réalisées par deux grands acteurs : les grandes entreprises forestières et le ministère des ressources naturelles du Québec.
Ce modèle d'exploitation forestière est progressivement entré en crise, tant en raison de circonstances externes (taux de change, conflit sur le bois d'oeuvre, etc.) qu'en raison de l'épuisement et l'éloignement de la ressource, de la contestation du mode de gestion et d'exploitation forestière et de la volonté d'acteurs de plus en plus nombreux d'utiliser la forêt et d'y développer d'autres activités.
L'adoption d'un nouveau régime forestier en 1986, ouvrait la porte à la participation de nouveaux acteurs et à de nouveaux usages de la forêt. Elle a en même temps permis que se développe un lien étroit entre des établissements forestiers et le territoire. De fait, de nombreuses communautés locales vivent étroitement - pour ne pas dire presqu'exclusivement - des activités forestières. La crise actuelle met ainsi en évidence le besoin pour ces collectivités, d'assurer un aménagement viable et durable de la forêt, permettant de maintenir et de développer des emplois de qualité pour ses habitants, en même temps que de préserver celle-ci comme un milieu de vie.
Au cours des 20 dernières années, de nouvelles initiatives se sont développées ayant pour objectifs une « gestion intégrée de la forêt » et mobilisant de nombreux acteurs (municipalités et MRC, organismes de loisirs et de tourisme, coopératives forestières, communautés autochtones, syndicats, groupes écologistes, etc.). Ces initiatives prennent différentes formes : Tables de gestion intégrée des ressources (GIR), Forêt modèle, laboratoires ruraux, tables régionales de concertation (ex : les commissions forestières des Conférences régionales des élus), etc.
Ces initiatives se connaissent peu et ne sont pas forcément homogènes. À titre d’exemple :
- Certaines ont plusieurs années d’existence, d’autres sont très récentes ;
- Certaines sont structurées formellement autour d’une organisation avec une mission et des objectifs précis ; d’autres sont des tables de concertation, pas forcément incorporées ;
- Certaines ont des ressources (budget, employés), d’autres peu ou pas ;
- Certaines relèvent de l’initiative publique ou municipale, d’autres de l’initiative privée ou d’autres encore de l’entrepreneuriat collectif (économie sociale) ;
- Certaines développent des partenariats avec la grande entreprise, d’autres non ;
- Certaines privilégient la rencontre d’acteurs spécifiques autour d’objectifs précis ou d’usages spécifiques de la forêt, d’autres s’ouvrent à tous les acteurs impliqués dans toute activité forestière.
Au cours du dernier quart de siècle une double préoccupation s’est ainsi développée : la biodiversité et la sociodiversité comme conditions du développement à long terme de la forêt. Pour autant, les visions, objectifs et activités concrètes peuvent tantôt converger, tantôt diverger. Les modes d’organisation et de gouvernance, en particulier, sont variables.
C'est dans ce contexte qu'en février 2009 se sont réunis sept expériences de gestion intégrée, ainsi que plusieurs intervenants issus des milieux universitaires, gouvernementaux et de la société civile, dans le cadre d'un séminaire sur la gestion intégrée de la forêt québécoise. Pour faire suite à ce séminaire, les participants se sont entendus pour mettre sur pied un site internet qui permette un plus grand partage de connaissances entre les acteurs de la gestion intégrée de la forêt au Québec.